Quoi dire de plus du récif de Jibacoa qui n’a pas déjà été dit. Je crois que nous avons été bénis des dieux pendant notre semaine puisqu’on a pu sortir faire de la randonnée palmée tous tous les jours, dont le mercredi qui a été une journée exceptionnelle de mer miroir. Pas une vague, pas de vent, du soleil et la possibilité d’explorer le récif a des endroits qu’on ne peut pas aller habituellement. Je vous jure, on passait dans des endroit s avec à peine 20 pouces d’eau, mais le spectacle et les couleurs étaient incroyables

Le récif a subi quelques dommages depuis le passage de Irma en 2017, plusieurs cornes d’élans (Acropora palmata) arrachées, principalement dans le jardin de cornes d’élans à droite de la piscine en face du memories.

Il y a aussi le grand jardins de cornes de cerfs (Acropora cervicornis) qui a subi d’énormes dommages. Ce jardin est situé à la gauche du grand récif. J’ai trouvé le spectacle désolant, d’autant plus que les cornes de cerfs sont classifiées par UINC (Union internationale pour la conservation de la nature) comme étant en danger critique d’extinction : cette espèce a en effet perdu plus de 80 % de son effectif en 30 ans. 

Malgré certains dommages, ce n’est rien qui peut enlever la beauté de ce récif. Si vous allez faire du snorkeling à Jibacoa et que vous vous rendez jusqu’à la piscine et que vous êtes impressionnés, vous n’avez rien vu encore. Il faut prendre la peine de traverser la piscine et sortir du canal vers le large et se diriger vers la gauche et suivre le récif tout le long. C’est vraiment très beau et n’a pas été tellement affecté par les ouragans. À certains endroits, le récif semble un peu couvert de sable ce qui affecte un peu la couleur, mais je peux vous affirmer que le récif de Jibacoa est toujours aussi beau. Encore une fois, je dois le répéter, si vous restez près de la rive, l’eau est souvent flou avec beaucoup de sable. Vous devez sortir au large sur le récif. Si vous n’êtes pas en confiance, faites comme plusieurs personnes et demandez au centre sportif de vous amener sur le récif au large en catamaran ou prenez un pédalo. Ça vaut vraiment la peine et vous aurez un souvenir impérissable de cet endroit. Et si vous avez la chance d’avoir une mer calme et plate comme un miroir comme nous, vous pourrez vous aventurer à l’intérieur du récif et y découvrir des coraux en incroyable santé et plein de couleurs.

Après plusieurs années et avoir visité beaucoup d’endroits, je peux affirmer que Jibacoa est le meilleur endroit pour la plongée en apnée à partir du rivage. Avant de me crucifier et me lancer des roches, laissez-moi vous expliquer mon raisonnement : J’ai hésité longtemps entre le Roatan et Jibacoa ; sans contredit, le récif au Roatan est de beaucoup supérieur à celui de Jibacoa, autant en superficie qu’en qualité, par contre, le seul récif intéressant accessible facilement (il y en a plusieurs mais j’ai utilisé le mot facilement pour inclure la majorité des gens), est celui de Tabyana Beach. Une fois qu’on a exploré le récif devant le Infinity Bay et en direction de la pointe, ce qui se fait en quelques heures, il n’y a plus rien à explorer sauf si on se paye des excursions vers le Blue Channel, Le spooky Channel, etc.

Tandis qu’à Jibacoa, ça prend au minimum 3 jours intense de snorkeling pour faire le tour complet du récif et quand je parle d’intense je parle au minimum 2 heures chaque jour à l’eau à palmer et être toujours en mouvement. Et même si vous avez fait le tour, vous n’avez pas encore visité tous les plateaux et tous les recoins. Donc en gros, vous pouvez facilement passer 5 jours à explorer ce récif et, si ce n’est pas encore assez, vous pouvez marcher ou prendre un taxi pour environ 4 km vers Playa Artista, qui vous offre un autre récif accessible de la rive et qui est très intéressant à découvrir. Moins important que celui de Jibacoa, mais il s’agit d’un double récif : deux grandes lignées de récif séparées par un banc de sable et une eau incroyablement claire. Quand on nage dans le milieu, c’est comme si on circulait sur une autoroute avec des murs anti-bruit de chaque coté.

Si vous ne voulez pas marcher, vous pouvez aller à la rencontre des taxi qui se stationnent au milieu de la côte entre le Memories et le Villa Jibacoa, il vous en coûtera 10 CUC pour vous rendre à Playa Artista et le taxi vous attends pendant 2 heures.

Donc pour ces raisons, le snorkeleur amateur qui ne veut pas trop s’aventurer et demeurer dans un cadre sécuritaire mais tout même voir un très très beau récif, Jibacoa est la destination de choix

Jeudi matin, quatrième journée sublime pour le snorkeling ; pas de vent, pas de vagues, le calme plat. On a décidé de retenir les services d’un local avec une voiture d’époque pour qu’il vienne nous conduire à Playa Artista et nous attendre environ deux heures, le temps d’explorer le récif. On s’entend pour 10 CUC pour deux heures. Si vous voulez vous trouver du transport, ne négociez pas avec l’hôtel, ils ajoutent une surcharge. Vous êtes mieux de vous rendre à pied au milieu de la côte, là où le chemin pour le Memorie et le Villa Jibacoa se croisent, pour aller négocier directement avec les chauffeurs. Ils sont toujours stationnés à cet endroit et pendant la basse saison ils sont très négociables.

Arrivé à Playa Artista, on enfilé notre équipement et on saute à l’eau. On y voit absolument rien, l’eau est tellement floue et laiteuse qu’on y voit à peine nos mains. Je sais ou se situe le récif et on décide de s’y rendre malgré la très mauvaise visibilité. Une fois rendu au récif, je constate qu’on est à la marée basse et que le passage est très difficile, disons qu’il n’y a pas trop épais d’eau entre nous et les coraux. De plus, ceux-ci ont été très abîmés par le dernier ouragan l’année passée. La majorité des coraux sont brisés, il n’y a plus de couleur et pas beaucoup de poissons. On décide tous les deux d’abrégé notre excursion et retourner au rivage. On est très déçu et triste tous les deux. On avait un beau souvenir de ce récif et il est maintenant très abimé. Pour ceux que ça pourrait intéresser, n’essayez pas d’y aller à pied, c’est quand même une bonne distance et je crois qu’on ne peut pas se rendre par la plage. On peut avoir l’impression d’y être mais il y a trois autres plages entre le Villa Jibacoa et Playa Artista. Je nous considère en relativement bonne forme, on marche beaucoup, et je n’aurais pas marché jusqu’à Playa Artista avec tout mon équipement

On revenu s’installer sur la plage du Villa Jibacoa et aussitôt nous sommes repartis pour une autre sortie de snorkeling sur le grand récif. La visibilité était un peu moins bonne qu’hier mais c’est tout de même beaucoup, beaucoup mieux que Playa Artista. Je suis toujours à la recherche du deuxième canon qui se situe au début du récif dans un endroit très peu profond et pas toujours accessible. Les vagues et vent sont sont très calme cette semaine, mais je ne réussi pas à le retrouver. La majorité des gens ont déjà vu le plus grand des deux canons qui se trouve plus au large et sur le de la paroi du grand récif, mais pas beaucoup de personnes ont vu le deuxième qui est moins long et de diamètre un peu plus gros : j’ai eu ce privilège une fois avec François au cours de nos premiers voyages à Jibacoa

Conclusion globale

Il n’y a pas de voyage parfait ; parfois c’est l’hôtel qui ne nous plaît pas, parfois la nourriture et d’autres moments c’est dame nature qui vient nous voler ce temps si précieusement gagné. Peu importe les soucis, c’est quand on revient à la maison qu’on réalise à quel point on est chanceux de pouvoir voyager ainsi et, il ne s’agit que de quelques jours pour que le buffet qu’on trouvait effroyable nous manque déjà et qu’on retournerait tout de suite en manger pour se retrouver sur le bord de la mer à nouveau. Mon message à vous pour clore probablement cette dernière aventure à Jibacoa, profitez-en pleinement et ne vous arrêtez pas aux petits détails sans importance. Il y a toujours mieux dans la vie, mais il y a aussi beaucoup pire

Merci fidèles lecteurs, c’est un honneur pour moi de partager mes aventures avec vous.